LE MANCHOT DE MAGELLAN

Le manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus) est un oiseau marin originaire d'Amérique du Sud. Il se reproduit en Patagonie argentine et chilienne, ainsi qu'aux îles Malouines.

Caractéristiques

C'est le plus robuste des manchots dits « à jugulaire » : il peut mesurer jusqu'à 75 cm de haut et atteindre près de 4 kg. Son plumage est caractéristique — une tête noire cerclée d'une bande blanche, un dos sombre, un ventre clair, et deux bandes noires qui descendent de part et d'autre de la poitrine, surmontées d'un bec massif. Comme chez tous les manchots, la femelle est difficile à distinguer du mâle, généralement un peu plus gros.

Répartition et habitat

Il niche principalement en Patagonie argentine et chilienne, mais on trouve aussi de belles colonies aux îles Malouines. À l'instar de ses cousins, il hiverne en mer et remonte alors vers le nord, jusqu'au large du Brésil, de l'Uruguay, voire du Pérou pour les populations du Pacifique.

Alimentation

Son régime alimentaire se compose surtout de poissons, mais aussi de calmars et de krill. Excellent nageur, il peut atteindre près de 25 km/h et plonger jusqu'à 75 mètres de profondeur pour capturer ses proies.

Reproduction

Fidèle à sa colonie toute sa vie, le manchot de Magellan l'est aussi à sa partenaire, qu'il retrouve année après année. C'est le mâle qui prépare le nid — un terrier creusé au pied d'un rocher, sous un buisson ou dans une fissure du terrain. La femelle y pond deux œufs, couvés à parts égales par le couple. Après l'éclosion, les parents se relaient : l'un garde les jeunes pendant que l'autre part chercher la nourriture en mer.

Menaces

La principale menace qui pèse sur l'espèce est la pollution marine croissante. S'y ajoute la pêche industrielle, qui réduit la nourriture disponible et dans les filets de laquelle il n'est pas rare que des manchots, pris au piège, meurent noyés. Faciles d'accès, certaines colonies subissent en outre un tourisme de plus en plus oppressant — il arrive même que des œufs soient emportés comme « souvenirs ». Enfin, le climat joue aussi son rôle : des pluies plus abondantes pendant la couvaison peuvent être dramatiques pour les poussins, qui meurent de froid ou sont ensevelis dans l'effondrement des terriers détrempés. Si l'espèce est classée « Préoccupation mineure » par l'UICN depuis 2018, ses populations restent en déclin, et cette relative indulgence ne doit pas masquer la pression croissante qui s'exerce sur elle.

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